3 janvier 2015
Réveil le matin aux premiers rayons de soleil dans un sacré palace balnéaire. Malheureusement occupé à probablement 5% au max. D'ailleurs, la veille, le commis à la réception m'a fait un prix un peu plus bas que le tarif "haute saison". Peut-on vraiment demander le gros prix quand l'hôtel est vide? ;-) En fait, il devait y avoir moins d'une douzaine de client au resto pour le petit-déjeûner. Incluant deux petites "putes" (males) de 16 ou 18 ans qui enguirlandaient les vieilles clientes, à leur grand plaisir. Bizarre spectacle glauque et absurde... ;-)
Après le petit déjeuner (hyper copieux, en passant), je sors prendre du soleil sur les marches du hall d'entrée. Un sympathique chat roux m'y attend. Je rentre alors au resto, pique une tranche de jambon et la donne à mon nouveau copain avec des burnes gonflées comme des pamplemousses (désolé, pas de photos des burnes). Le chat se régale. Lui aussi, une sacré pute.
En fait, une sacré race de pute. Parce qu'après avoir bouffé son jambon, et fait quelques roulades pour les touristes, il décide de me mordre la main au sang, et ne lâche pas. Quel enculé... Je retourne dans ma chambre et lave la plaie au savon et à l'eau. Bon, ben. C'est le temps de repartir. L'appel du désert est trop fort. Je ferai donc le tour de l'île et retournerai sur le continent en passant par le ferry de Ajim. je fais donc le tour de l'île dans le sens anti-horaire en suivant le littoral.
Premier arrêt quelques kilomètres au nord. La dernière fois que j'ai mis un pieds sur cette plage, c'était vers 1966. J'avais 4 ans. Les plages sont désertes, et de rares touristes y marchent.
Photo traditionnelle de mes pieds dans l'eau dès que je croise une mer.
Et petit souvenir, traditionnel lui aussi. Du sable de Djerba. En Amérique du Nord, quand des villages indiens étaient déplacés, ceux-ci apportaient un peu de terre avec eux car leurs racines s'y trouvaient.
Alors que j'étais arrêté pour prendre la photo, un "local" passe avec son bourricot et sa charrette, et m'envoie la main avec un grand sourrir. Putain que j'aime la Tunisie. Ensuite deux hommes s'arrêtent et nous discutons un peu. Ce sont deux Séfarades de Djerba qui m'indiquent que la communauté juive est assez mince à Djerba, mais que celle de Zarzis, un peu au sud, est asssez dynamique. Mon intérêt pour les Séfarades de Tunisie est plutôt ethnologique, car avant d'être musulmane, l'Afrique du Nord était juive et l'apport culturel est important. La culture Berbère était initialement basée sur le judaïsme. La fameuse main de Fatma, était la main de Myriam avant d'être un symbole musulman. ;-) On remarquera aussi les deux poissons. Le poisson était le symbole du christianisme à ses débuts. Ce qui est intéressant, c'est qu'en Afrique du Nord, les trois communautés religieuses sont encore entrelacées et respectueuses les unes des autres car elles connaissent leur histoire commune. De tout mon voyage, je ne me rappelle pas avoir senti le moindre antagonisme. Les Tunisiens sont conscients qu'ils sont tous arabes, peu importe leur religion. Ce qui n'est malheureusement pas le cas quand on introduit un élément Européen dans un certain pays du Moyen-Orient. ;-)
Main de Myriam. Symbole juif. Noter les poissons, provenant du christianisme.
Main de Fatma. Symbole musulman repris des juifs.
On continue le tour de l'île
Des coquillages partout
Le système d'attache du porte-bagage semble bien marcher.
Une fois arrivé à Ajim, on me permet de passer tout droit à travers la ligne d'attente pour le ferry. les motos ont ce privilège. Je paie. Je passe.
Le petit mec dans le camion passera toute la traversé à me zyeuter ;-) Ma main. mordue par le gros chat roux, commence à chauffer.
Sur le bateau, des habitants de Djerba ayant reçu des invités de Tunis me disent qu'ils vont visiter des ruines romaines situées pas très loin sur le continent et me montrent en gros où elles sont situées. Je me décide donc de faire un détour, mais malheureusement je n'ai trouvé aucune indication me menant aux ruines, alors je continue en direction de Medenine, puis Toujane, Matmata, Al Hammah par la piste de terre et de sable, puis Qebili dans la nuit (grosse erreur).
J'arrive bientôt à Toujane, début des zones montagneuses
On quite la plaine et on monte sur le plateau. J'ai de la difficulté à embrayer car ma main fait mal, et le doigt est gonflé et raide. Difficle donc de changer les vitesses.
Je passe Matmata mais m'arrête à la sortie pour visiter une maison troglodyte. Probablement un piège à touristes ;-) On peut remarquer le symbole de la main au-dessus de la porte. ce la indique une maison musulmane. Quand une personne passe le pas de la porte, elle dépose sa main sur le symbole peint. Originalement, les portes étaient assez basses. Ce qui forçait la personne à se courber tout en touchant le symbole. Se courber devenait donc un signe de soumission (ou d'humilité).
Un chat musulman ;-)
On peut remarquer l'ampleur des pièces. C'est donc une maison "moderne" car les anciennes maisons troglodytes possédaient des pièces petites et aux passages très bas, comme ce qu'on a pû voir à Tamezret il y a deux jours.
Meule à semoule
Je continue et bifurque sur la piste en direction nord vers La Hammah. Là encore, je suis tout seul. Mon doigt commence à faire mal, j'espère qu'il ne s'est pas infecté. Il ne sort plus du gant et est assez raide.
La piste est dure comme du goudron, mais en fait c'est du fesh fesh ou de la glaise compactés. je m'arrête donc pour l'inspecter.
En passant, j'ai adoré mes pneus Mitas E07
Le soleil commence à tomber et il y a encore plusieurs heures de route. Je me demande si je ne devrai pas m'arrêter et planter la tente.
Je continue. La route se transforme en piste. Celle-ci traverse des oued asséchés.
Les ombres s'allongent
Je rejoins Al Hammah et m'y arrête à un carrefour. Une bande jeunes tout excités veulent que je leur fassent faire des tours de moto. Nah.. Désolé les mecs, mais je suis trop chargé pour ça. On échange quelques histoires et je me dirige vers Qebili par la route asphaltée. Là, il fait nuit. Il y a une sacrée distance à faire avant d'arriver. Au loin, j'observe l'Étoile du Berger qui semble est juste au-dessus de Qebili. Ça y est, je suis maintenant le roi-mage cherchant le petit-Jésus ;-) Je continue et tout d'un coup, en plein milieu de nulle part je vois une grosse pancarte avec une flèche vers la droite, jsute au milieu de la route (pas éclairée du tout). Mes deux petites chandelles de 35w me l'ont éclairée au dernier moment. Je met le maximum de frein possible parce que j'apperçois juste derrière la pancarte un gros trou béant, en plein milieu de la route... J'arrive à réduire ma vitesse suffisamment pour sortir l'accotement en sable sans me viander, et je m'arrête. Putain de merde. C'est quoi ce truc? Un trou en plein milieu de la route avec un minimum d'avertissement, et une moto qui éclaire pas plus qu'à 10 mètre? je continue donc doucement, m'attendant au pire. Me jurant que je ne roulerai plus de nuit... Arrivant en périphérie de Qebili, je cherche un hötel sur mon GPS et en trouve un. Là encore, une cinquantaine de chambres libres et je suis le seul client.
Il y a une demi-douzaine de mecs dans le café de l'hôtel, et je suis servi à la réception par une très charmante "demoiselle" dans la trentaine. Là encore, je tombe amoureux. Qu'elles sont belles les Tunisiennes... ;-) On m'indique qu'un repas me sera apporté dans ma chambre un peu plus tard. Je croise les doigts pour que ce soit par cette demoiselle... On peut toujours rêver. ;-)
Aucune idée de ce que ça veut dire, mais je suppose que ça a rapport avec les années de gouvernement sous le Frères Musulmans (je reviendrai là-dessus).
En attendant mon repas, je planifie la journée de demain et cherche une piste de poussière.
Et voilà. Ce fut absolument délicieux. Surtout l'espèce de purée d'olives, piment et tomates. Je me régale. J'aime le poulet tout autant que l'agneau. Et j'ai l'impression qu'en Tunisie, le poulet est plus apprécié, et est mieux considéré. Mon doigt me fait toujours mal et il est sacrément gonflé. Je nettoie ma plaie et fait tremper la main dans de l'eau glacée pour calmer la douleur. On sent que mes anticorps travaillent fort. Si demain matin ça ne va pas mieux, j'irai voir un médecin.
Ensuite, je regarde la télé pour m'endormir. Un sacré chanteur avec une voix absolument incroyable. Putain que c'est beau.
Sur un autre poste, une présentatrice bien en chair et tout à fait charmante. je suis content de voir que les standards de beauté occidentaux (genre tas d'os, tête vide et blondasse) ne se retrouvent pas partout.
Je continue à zapper et tombe sur des stations qui semblent venir du Yemen ou de Ryad. Là c'est un peu moins drôle. Grosse intox religieuse. Probablement l'héritage des années des Frères Musulmans. Pas étonnant que les Tunisiens, bons vivants, leur aient botté le cul...
Ceci conclue donc ma journée du 3 janvier. Bonne nuit à tous, demain promet d'être excitant car j'ai trouvé une sacré piste.