Ben voila, c'est fini
Ca faisait un an que je travaillais sur la moto pour ce week-end.
je suis parti de ça
pour arriver à ça vendredi matin
jusqu'au dernier moment, j'ai eu des défis à relever, puisque ma dernière semaine a vu :
- l'arrivée du compteur et son positionnement sur l'araignée
- le montage de la tete de fourche
- le montage des racks
- la crevaison à l’arrière le mercredi pendant les roulages d'essai
- le montage des crashbar
- le montage des allume-cigare
- le montage des protege-mains
- le montage du sabot
- la crevaison sur la route vendredi soir
Mais finalement tout s'est résolu et j'ai passé un superbe WE.
Ces montagnes que je n'avais pas vu depuis 25 ans sont toujours aussi belle.
Mais maintenant, j'ai un jouet pour monter, pas juste mes pieds
bon, je n'ai pas pu profiter du jaccusi puisque entre ma crevaison du vendredi soir et celle de Doudou le samedi, je suis arrivé à chaque fois bien tard.
Mais j'ai pu me rattraper sur le buffet et le bar, ce qui est finalement le principal
Pour une première en TT, (j'avais fait quelques centaines de mètre en slick en supermot, mais ça n'a rien à voir, et mon unique séance de cross en tétine s'était soldée avec un pied cassé au 5eme tour de circuit à Valdahon l'année dernière) j'appréhendais un peu la journée de Samedi
Mais non
Une fois trouvé le bon rapport et avoir réussi à convaincre ma tète de lâcher les freins pour rouler, la première descente dans le pierrier au départ des Karrelis s'est bien passée.
On a rejoint ensuite un bout de chemin forestier depuis un salon de 4x4 (y'avait du matos de folie, dommage, pas eu le temps de flâner, le chef partait devant sans tourner les yeux, à croire qu'il n'aime pas les 4x4) pour attaquer la montée.
Après avoir aidé Misty à remettre sa mob dans le bon chemin, Maxou m'a dit de rouler devant.
On est parti avec Mika
Mika m'ouvrait le chemin et j'ai pu rouler à ma main avec un bon lièvre.
Le bonheur, ça m'a libéré, j'ai trouvé mes marques et j'ai pu commencer à rouler un peu plus vite.
Un peu trop vite, car sur une ornière un peu plus prononcée que les autres, le Té inférieur, qui avait subit des outrages d'un mécano agricole lors du montage cet été, a décidé que c'était un poil trop tendu pour lui et a vrillé sur l'axe.
Mais bon, je ne m'en suit pas rendu compte tout de suite, et à part un "clonc" sur tous les obstacles abordés avec un peu trop d’entrain, je ne trouvais pas de problème. J'ai donc continué à rouler jusqu'à une petite pause pour que tous le monde se rassemble.
A la relance, Maxou me dit, "Roules, tu ne peux pas te tromper, suit la piste principale.
OK, go
Je pars devant cette fois, et je monte
Plus je roule et plus je prends confiance.
Les tétines, même en mixte, c'est génial, ça change vraiment des slicks pour la terre
la position est naturelle, malgré un guidon un chouilla trop bas
la mob ainsi allégée n'est pas trop lourde et se fait oublier
Les reposes-pieds de Bouste sont tout simplement géniaux pour guider la meule
et l'amortisseur préparé gomme tout
Seule la fourche fait "clonc" de temps en temps, mais comme il n'y a rien d'autre, je ne m’inquiète pas plus que ça.
A un moment, une bifuraction.
Je suis dans la purée de poix
J'hésite un court instant, puis je prends à gauche, en descente.
J'arrive à un restaurant d'altitude, fermé
je fais la pause.
personne ne suit
pas de bruit
toujours personne
c'est long quand on ne sait pas ou on est, dans le brouillard et qu'il n'y a pas de bruit
Je remets le casque, les gants, et je rebrousse chemin
arrivé à la fourche, toujours personnes
je prends à droite cette fois, et je continue à monter
et ca monte, ca monte, ca monte
de plus en plus raide
la roue arrière commence chasser de droite à gauche, ça monte encore mais je commence à me dire que ceux qui sont en pneu route ne monteront pas, eux.
je cherche un endroit pour faire demi tour, mais avec la pente et la brèle plus haute de 10cm, je n'ai pas envie d'essayer un demi-tour dans la pente
j'arrive au sommet et il y a l'arrivée d'une remonte pente.
ouf, c'est plat.
pause.
Ouf, pas tombé, fier
Je ne m'attarde pas, pas la peine, je redescends
Mais je suis un poil inquiet quand même
je n'ai vu personne
j'arrive à un panneau, je décide de refaire la pause
Je choppe le téléphone et j'appelle Dode pour faire le point.
La messagerie est "ON"
Ca ne m'aide pas.
Je laisse quand même le message, mais bon, j'y crois pas.
Re pause
Pas de bruit
rien que le brouillard
on n'y voit pas à 20 metres
toujours pas de bruit
pas d'appel téléphonique non plus d'ailleurs
Bon, c'est une station de ski.
Si on descends à ski, on descends en moto re
et une fois arrivé en bas, c'est station, essence, route je sortirais le GPS et je rentrerais comme ça.
Go
je rechausse le casque et les gants et je descends
à la bifurcation, je reprends la direction du restaurant
et dans une trouée du brouillard je vois une moto
YESS
j'accélere la descente (ouai, en fait je lache les freins quoi)
et je tombe sur Mika qui m'attendais
il me dit que je suis le dernier
il a pas idée comme je l'aime de m'avoir attendu
le reste de la descente fut une rigolade
arrivé en bas, de nouveau le soleil.
ca fait du bien.
on fait un bout de chemin sur la route en sortant du village et on attaque la montée du Galibier
ca fait 25 ans que je ne suis pas passé par là
la route a été refaite, c'est un billard
La meule est vraiment bien là aussi, les suspensions réagissent bien et les pneus ne glissent pas.
Je ne taquine pas trop l'angle parceque je ne suis pas en cuir et qu'une gauffre ici serait pas sans conséquence, mais je prends du plaisir
Arrivé en haut, pause photo.
Ca pèle, quand même, j'avais oublié qu'il faisait froid en altitude.
Mais j'ai droit au sourire d'une jolie cycliste qui a voulu que je la prenne en photo.
ca réchauffe ;-)
descente, on croise des vaches sur la route

mais ca passe
je commence à fatiguer, je le vois à ma manière de rouler entre les voitures
j'essaye de me raisonner et je leve le pieds
On traverse un petit village et hop, on attaque à monter ailleurs
petit chemin en bitume.
Puis en gravier
puis en cailloux du coin
et ca monte.
impec
trop de monde pour rouler à sa main
c'est un poil chiant, mais je me raisonne
pause déjeuné
le cul dans l'herbe
ça commençais à faire faim depuis un moment, c'est avec plaisir que j'avale le picnic
ça chahute un peu à droite avec de l'eau et des sauterelles de la taille d'un boeuf
on est bien
ptite photo
tiens et si il y avait le réseau data, je pourrais la mettre directement sur facebook
ben croyez moi ou pas, j'avais un meilleur débit descendant que chez moi
bon, par contre, pas possible d'envoyer pas grave
Maxou annonce la couleur :
On continu de monter et on voit le panorama, ou on descends boire le café.
Le café, je connais.
En haut, non.
Je décide de monter.
Comme je me connais, je sais que les conneries arrivent toujours à la reprise après la bouffe de midi :
L'esprit est encore dans le trip de l'action, mais le corps lui, a fait la pause et donc les réflexe ne sont plus là
donc je roule doucement et je profite pour regarder le paysage
pffff, ça ne s’arrête jamais de monter.
Et plus je monte, et plus je me sent petit.
J'appelais ma première africa "ma mule", ça n'a jamais été plus vrai
c'est vraiment plaisant de se balader ainsi.
Je croise des oiseaux qui volettent devant moi à quelques mètres, s’arrêtent, puis repartent en suivant le chemin pour se reposer devant.
Comme s'ils n'osaient pas s'écarter du chemin.
Un peu comme moi d'ailleurs, au milieu de l'inconnu, je fais gaffe où je pause mes roues.
sur un plateau, une voiture des ecrins.
ils me font signent, pas eu le reflexe de répondre, trop occupé par le reste
La barre des écrins est magnifique
le soleil est là
pause photo souvenir
A suivre .....