Raid Marocain pour deux jeunes sur des mamies !
Posté : 10 janv. 2018, 19:39
Comme je l'expliquais dans ma présentation, ayant fait plusieurs raid en 4x4 avec mon père dans mon enfance/adolescence (Maroc/Mauritanie/Sénégal) et étant passionné de moto depuis tous petit, j'ai toujours voulu remettre les roues sur les pistes d’Afrique mais cette fois en moto !
Fin juillet 2017 j'apprends au boulot que j'aurais 10 jours de vacances (chose assez rare) courant août. Ni une ni deux je me motive à partir au Maroc en moto en solitaire, on ne sait jamais peut être que ce sera la seule occasion de ma vie.
Je me fixe un objectif financier de 1500€ pour la moto avec préparation et de 1000€ de plus pour l'essence, les péages, la nourriture et les hôtels.
Cependant, malgré cette forte motivation je n'ai pas de moto pour effectuer un tel voyage (990 smr pour la route, 300 beta pour l'enduro et 660 smc pour la piste). Je me met alors en quête d'une moto me permettant de faire la route jusqu'à la bas sans pour autant m’empêcher de faire de la piste une fois à destination.
Mon cahier des charges : une moto apte à la route et autoroute, indestructible, avec une autonomie d’au moins 250km, des aptitudes TT, un confort relatif et pas trop lourde car j’ai du matos a prendre avec moi et un prix fixé à 1500€ préparation comprise sachant que je n’aurais que 3 weekend pour m’occuper de celle-ci !
Pour avoir roulé avec le 600 Ténéré de mon père, je sais que ce genre de moto a de vraies aptitudes TT et une bonne position pour le pilotage debout mais que le mono manque d’allonge pour l’autoroute. A partir de là je sélectionne trois moto ; Africa Twin, Ténéré 750, Transalp.
Difficile de trouver une AT dans mes prix ou alors plus de budget pour la préparation, la Ténéré 750 me tente bien elle a l’air de bien marcher mais elle à l’air un cran en dessous sur plusieurs points : autonomie, centre de gravité moins bien placé, quelques soucis en plus de fiabilité. Donc je déniche une AT 750 et deux Transalp mais après réflexion j’abandonne la 750 au vu de son poids plus élevé, mais alors que j’allais me résigner à prendre une transalp qui ne me plait pas forcement, je déniche une AT 650 RD03, modèle qui m’a fait rêver petit en regardant des vieilles vidéo de Neveu et Auriol au Paris Dakar et beaucoup plus apte au TT.
Entre temps, un collègue de promo et ami demande à se joindre à moi, ce que j’accepte non sans lui expliquer dans quoi il s’embarque (risque de pannes, tensions, fatigue, rythme soutenu). Pour lui c’est une première, pas d’expérience en voyage ni en navigation, pas initié au pilotage dans le sable, mais très très bon bricoleur et astucieux.
Nous allons donc ensemble voir cette Africa Twin, elle a déjà des crash bar, un longue portée, une sacoche de réservoir et des sacoches latérales sans support par contre. Avec une négociation elle rentre dans mon budget et me laisse une marge pour la révision et préparation. Du coup je repars avec !
Très rapidement mon collègue fait les démarches pour son passeport et on se rend compte qu’à cette période ce sera compliqué pour qu’il l’ai à temps. Du coup on se dit que s’il ne l’a pas à temps on se rabattra sur le Portugal.
Je m’occupe ensuite de la moto, révision complète de l’Africa Twin, puis pour la préparation je mise sur une paire de K60, une prise allume cigare au guidon, des protèges mains alu et avec mon compagnon de voyage qui entre temps s’est dégoté une Transalp 600, on fabrique un support pour mes sacoches.

Je m’occupe de la navigation Off-road avec un roadbook et des traces sur Ozi qui me sont données par un ami.
Voilà à la veille du départ, nous sommes à peu près prêt tous les deux mais toujours pas de passeport, on décide d’attendre maximum deux jours et si pas de réception on part au Portugal.
Coup de chance ! Le passeport arrive et mon collègue qui habite vers orange me rejoint chez moi le soir dans le sud-ouest avec la moto sur la remorque.
La emparé d’un doute on se remet à faire de la soudure dans la nuit pour renforcer nos supports de valises (lueur d’intelligence ahah), et on finit de tous vérifié.
On charge les moto et on part se coucher vers minuit. (Nous avons décidé de traverser l’Espagne en voiture avec la remorque par manque de temps).


Lendemain matin 5h30, il fait nuit, on retend les sangles de la remorque et on se met en route, on a un ferry à prendre à tarifa 13h plus tard. A peine arrivé au niveau de Bilbao il fait encore nuit, on se fait arrêter par la Guardia ; on a une veilleuse de la remorque qui ne marche plus. Les deux policiers ne nous verbalisent pas mais nous obligent à attendre que le soleil se lève pour reprendre la route, déjà une heure de perdue à peine parti…
On continue et le sort s’acharne, la voiture à un défaut de fap et perd de la puissance toutes les 30 secondes, bon la voiture roule mais c’est très agaçant. Arrivé en début d’après-midi, on a fait les 2/3 du trajet et là on entend un grand bruit et on voit quelque chose de noir derrière nous sur la route, on vient de casser la courroie d’alternateur.
On s’arrête à la première aire, on réfléchit si on répare avec un collant ou autre mais on se rend compte qu’on a plus de temps. On appelle l’assistance qui enverra une dépanneuse récupérer la voiture et la remorque pour les amener à un garage qui nous appellera le lundi.
Pendant ce temps, on décharge les moto de la remorque, on les harnaches de nos sacoches et on s’habille en tenue pour rejoindre le ferry.


C’est parti le voyage moto commence plus tôt que prévu, on garde une moyenne de 120/130km/h, on s’arrête uniquement pour ravitailler car on est vraiment très juste pour le dernier ferry.
C’est la course contre la montre le GPS m’annonce une arrivée 15 minutes après le départ du Ferry, on hausse le rythme et on arrive au port de Tarifa alors que l’embarquement est terminé, heureusement on nous fait une fleur et on nous fait passer in extremis en urgence.
Ça y es les motos sont sanglées dans le ferry, enfin on va pouvoir se reposer, l’autoroute nous a beaucoup fatigué, nous sommes habillés en tenue d’enduro avec casque cross et nous avons eu énormément de vent qui nous a rendu la route fatigante, surtout moi qui n’ai pas de bulle haute.
Pendant la traversée on regarde l'Espagne s’éloigner pendant que la nuit tombe. Ça m'avait manqué ! Enfin !
On passe la frontière Marocaine sans trop d'encombres, on fait du change et on se dirige vers notre hôtel de Tanger.
Celui ci n'est qu'à 3km mais c'est déjà une aventure de rouler sur cette grande avenue du port de Tanger bondée avec des scooters qui passe en nous touchant les valises, virevoltant entre les voitures, et souvent les esquivant, c'est un peu une jungle mais où tous le monde sait ce qu'il a à faire.
Arrivée à l’hôtel, on décharge nos affaires, petit point mécanique, tension et graissage chaîne, puis on va manger un bout et au lit, car on s'est couché tard la veille et la journée a été longue !

Bref, les moto vont bien, on est au Maroc, on est contents !
Voilà pour la traversée de l’Espagne et de Gibraltar, je vous raconte la suite demain si ça vous as plu !



