merci les copains !
Denis, nonobstant que je te pisse à la raie, sache que Réalité n'a pas encore tous les kilomètres que Dodounette a au compteur et qu'il est bien difficile de lui faire entendre raison sur les quantités de vêtements à emporter.

à tous les deux en passant
(avant mon acte ignoble, je tiens à un minimum d'hygiène quand même)
reprenons.
Jour 2 : cols et Doliprane
Une dizaine d'heures de dodo plus tard, je me réveille quasi frais.
Petit dèj, valises, on s'apprête à décoller super tôt, vers 9h30... lorsque je m'aperçois que je n'ai plus de gants.
Damned ! Je cherche un peu ou j'en rachète à Bourg-Saint-Maurice ?
On est le 15 août, je vais chercher... On fouille le fossé où j'ai posé la bécane quand on est arrivé. Je demande au proprio de l'hôtel si jamais... Trop sympa, il cherche avec nous dans le fossé puis part voir vers les chambres. C'est à ce moment que je les retrouve devant le radiateur gauche. Faut pas les poser derrière la tête de fourche sans surveillance !!
Le patron de l'hôtel se fout un peu de ma gueule, c'est légitime. Allez, on y va !
La descente entre Valezan est chouette, ça met en jambes gentiment. Faut dire qu'aujourd'hui, ce sont les cols mythiques au programme ! Iseran, Télégraphe, Galibier. On arrive donc dans la ville pour faire le plein d'essence et de bouffe. Je file à la queue pour l'essence quand Réalité s'engouffre dans le gros super U avec sa petite réduc U. Pas de queue de ce côté là... va savoir...
Bon, une bonne demie heure plus tard et une discussion avec un teuton qui voyage en Ducat' mais qui me parle de sa tranzalp en presque français avec un accent comme dans les films, Réalité ressort enfin avec un saucisson, du pain, des boulettes de melon dans un grand vert genre soda de ricain et déçue de ne pas avoir trouvé de magazine parce qu'elle se fait un peu chier le soir venu avec son légume de mari qui se couche avant les poules.
Ça y est enfin, nous voilà partis à l'assaut des cimes. Les routes sont superbes, évidemment, ça en devient presque lassant !
Heureusement que des saloperies de camping cars animent un peu la route. On sent bien les vieux qui ont loué un machin de 7m de long et qui pour leur première se disent qu'ils vont se faire la route des grandes Alpes ! Sans parler de tous les motards en grosse routière ou custom qui fait beaucoup de bruit mais n'avance pas, et particulièrement dans les virages. Je ne suis pas Rossi quand même ! Mais j'apprécie de rouler plus ou moins à mon rythme, qui n'est visiblement pas du tout le même que celui de tous les autres usagers de ces routes.
Mais ça va quand même, je garde la banane, les paysages sont à couper le souffle ! En revanche, les cols sont juste affreux. Le rendez-vous incontournable de TOUS ceux qui pratiquent ces routes. Ce qui donne qu'à quelques centaines de mètres du col, on commence à trouver des bagnoles et des camping cars garés comme des bouses sur les bas côtés, chacun ayant voulu sa part du gâteau, à savoir un selfie sur lequel on peut apercevoir le panneau marquant le nom et l'altitude de l'exploit à partager au plus vite sur son mur Facebook. Tas de cons ! Je me suis donc arrêté et j'ai pris une photo bien pourrie avec mon smartphone.
L'avantage de s'énerver sur les autres, c'est que je me sens plutôt alerte au guidon malgré les petits signes de méforme que j'entends.
La faim aidant, on se trouve une toute petite route qui grimpe peu après le fort Redoute Marie-Thérèse (quel nom à la con, ça a pourtant de la gueule ce truc, mais ça pue le touriste et on trace la route, fuyant cette majestueuse ménagère de moins de cinquante ans adepte de vente par correspondance.
Nous trouvons donc une petite clairière idéale, calme et voluptueuse.
c'était
là d'ailleurs.
Je béquille la moto, confie les clés à Réalité pour l'accès aux vivres et me couche en tenue en plein soleil. Là, ma chère épouse qui partage ma vie depuis 17 ans flaire un truc louche.
Moi couché en plein soleil un 15 août, sa longue expérience lui a permis de conclure qu'un truc clochait. Une demie heure plus tard, me voilà tout requinqué, capable de me déplacer de 3m pour faire une sieste d'une heure, mais à l'ombre.
Une tranche de saucisson plus tard, je reprends la bécane, ragaillardi et d'attaque pour manger le Galibier ! La moto possède cette vertu de réparer un certain nombre de maux. La sieste aussi...
Je jette un coup d'œil au GPS, je me suis inspiré de l'itinéraire proposé par un site qui explique la route des grandes Alpes à moto, et qui proposait de faire un joli aller retour vers je ne sais quelle station, ou je ne sais quel col.
Reprogrammation, Briançon au plus court.
La vallée est spécialement moche dans ce coin, mais au moins ça avance.
On tourne à gauche, direction Télégraphe et Galibier. C'est beau, blablabla, touristes, blablabla, enfoirés de camping cars, blablabla.
Evènement notable, j'ai pris deux gouttes sur la visière en descendant du Galibier, ce seront les seules de la semaine.
Arrivée à Briançon, nous sommes attendus chez Lolo akka l'homme le plus gentil du monde (en plus d'être beau comme un Dieu).
Que dire de Briançon au mois d'août ? C'est un bordel sans nom ! Evidemment, j'ai programmé le GPS pour y aller directement, sans connaître la ville et le Zümotori ne tient pas compte du marché qui bloque tout, des travaux et autres péripéties. On arrivera chez Lolo après une demie heure supplémentaire de manœuvres à basse vitesse qui finissent de m'achever. Annie qui a l'ouïe fine nous fait des grands signes du balcon nous évitant de chercher trop longtemps. Lolo possède de grandes qualités mais pas celle de décrire efficacement comment parvenir dans ses foyers... Retrouvailles chaleureuses, excuse pourrie de ma part pour refaire un roupillon, je rouvre un œil et entend la douce voix du Yéti rentré de son dur labeur, et à l'apéro tout seul avec un bol de riz.
Je ne m'étonne plus de rien, nous sommes dans le sud, les coutumes semblent différentes, voilà tout. Reretrouvailles, blabla, je vais forcément mieux, blabla, Lolo me trouve une petite mine - ah si tu voyais le crayon - bouffe, génépi et au lit !
à suivre.