JOUR 6 – 21/09
Alors pour ce 6e jour, MuddyFox a eu la bonne idée de proposer de rouler un peu de nuit, en partant avant que le soleil ne se lève. Je me dis que c’est original comme manière de commencer la journée, et que c’est pas tous les jours que j’aurai l’occasion de faire ça, alors vas-y-tape-m’en-cinq Serge !
Du coup lever à 5 h ( ouille ), départ prévu à 6 h pétantes. Je suis à la bourre, à 6h01 les motos démarrent et partent sans m’attendre !

Aller, un bon speed sur les dernières petites choses à fermer, à enfiler, et je m’en vais moi aussi. Heureusement 500m plus tard une DRZ 400 a du caler et n’arrive plus à redémarrer, du coup je raccroche le groupe. Et ça me laisse aussi le temps de peaufiner ma tenue enfilée à la va-vite.

Aller, c’est parti ! Oh punaise, mais c’est qu’il fait sacrément noir, on dirait même plus que quand je suis sorti de la tente tout à l’heure ! Je me rends rapidement compte qu’avec mon masque bien fumé, tout ça est un peu normal… pour rouler de nuit, là c’est sûr, je roule de nuit…
On part à la recherche de la station essence la plus proche, ça nous fait prendre de la route, pas grave, je suis les feux rouges devant moi. En espérant que personne ne sorte de la route…
C’est malheureusement après le plein que JLD doit nous quitter car pour lui c’est une grosse journée de route qui s’annonce, il va en avoir pour toute la journée pour rentrer chez lui.

Aller, je vais la faire : « c’est ici que nos chemins se séparent »

. Salut compagnon, on a passé un sacré bon paquet de kilomètres ensemble, et je t’en remercie ! L’alchimie s’est bien faite, l’homogénéité de nos niveaux respectifs m’a permis ( en tout cas en ce qui me concerne ) de vivre ces jours comme si j’étais sur un nuage, calé derrière un bon ouvreur, déchiffrant la trace comme un sioux qui suit un troupeau de bison.. bon, là ça devient portninwak…

n’empêche que je me serais bien fait chier avec un mec ne roulant pas au moins à peu près comme moi. Et au passage, une nouvelle fois, merci Aurélien, car c’est toi qui a composé les groupes.
Après cet adieu déchirant, on continue donc, dans une nuit complète, juste entrecoupée par nos phares, en vadrouillant sur des petits chemins et aussi des départementales, serpentant entre les villages encore endormis. La conduite dans ces conditions est prudente.
Puis on attaque la montagne, celle qui monte, qui descend. Les espaces s’agrandissent nettement, on commence à le deviner de plus en plus, la clarté du jour naissant nous y aidant.
On enquille donc sur ces pistes qui nous amèneront à un endroit culminant où nous pourrons admirer le lever du soleil. Effectivement, on prend une piste qui n’en fini pas de monter, puis débouche sur une crête. Le temps de s’arrêter, de descendre des motos, de sortir les appareils photos, puis peut-être deux ou trois minutes plus tard, dans un timing parfait, le soleil pointe le bout de son nez au loin, derrière une colline. Grand moment que de voir ce petit bout d’astre qui se lève derrière la montagne, là-bas au loin.

Seuls tous les six ( ! ) sur cette piste isolée qui suit la crête, on aperçoit en contrebas les villages dans lesquels on passait et qui se réveillaient tout doucement.
Merci MuddyFox pour nous avoir proposé cette bonne idée ( même si le bougre est bien bougon le matin ) !
Puis on continue, parce qu’il y a de la borne à faire aujourd’hui !
Il y a pas mal de poussière, je trouve, c’est vrai qu’en roulant derrière deux ou trois motos, on en a toujours plus qu’à l’avant d’un groupe ou derrière juste une seule moto ! Mais bon, c’est comme ça, le sol est bien sec et soulève des fois de grands nuages qui mettent du temps à se disséminer, alors je laisse pas mal d’écart entre les crampons de la moto de devant et mon filtre à air…
Et puis sans critique aucune de ma part, forcément, plus on est nombreux, plus il y a de raisons de s’arrêter, donc c’est vrai que le rythme de roulage est globalement moins soutenu que les premiers jours. Encore que ça peut rouler vite…. entre deux petites pauses !

Pas grave, de toute façon j’arrive à m’adapter à l’allure générale, même si perdre sa concentration dans ce contexte peut jouer des tours.
Et on roule quand même tellement bien qu’il est déjà temps de s’arrêter pour trouver de quoi manger, on arrive dans un village au nom rigolo : Sainte-Croix-Vallée-Française. Un petit magasin bio nous permet d’acheter de bons produits locaux, qu’on consomme sur la terrasse d’un bar, avec l’aimable autorisation du patron. Rapidement cette terrasse est envahie par des gens d’un certain âge, ou plutôt d’un âge certain, plein d’entrain et de gaieté : c’est vendredi et aujourd’hui c’est le déjeuner hebdomadaire des seniors du village. Et que ça fait de grosses bises de retrouvailles, et que ça discute, et que ça rigole, que ça piaille dans tous les coins, marrant !
Mais c’est le moment de continuer cette journée de moto, non sans avoir demandé aux locaux s’il existait pas loin de là un spot pour se baigner, la terrasse étant juste au-dessus d’une rivière ! Ce serait ballot de partir sans en profiter !
Effectivement, quelques centaines de mètres nous séparent d’un endroit où on pourra rapidement faire trempette.
Aller, on s’attarde plus trop maintenant, alors c’est reparti pour de superbes pistes dans des forêts bien sympathiques, où on se tire la bour…. on se fait plaisir avec MuddyFox, on s’en donne à cœur joie !

Mon MT21 arrière commence à faire la tête, mais je me dis que c’est pas une raison pour se retenir si le contexte s’y prête. Et là, précisément, il s’y prête, alors je me retiens pas !

En plus, comme c’est a priori le dernier jour de pistes, le pneu n’aura qu’à bien se tenir demain sur la route du retour ! C’est trop bonnard !

Enchaîner des kilomètres dans la roue de la KTM, on pourrait parler de symbiose ! Je calque ma vitesse sur celle de l’autrichienne, ma roue arrière patine à l’accélération, alors je fais l’effort de revenir au freinage, bref, j’ai l’impression de piloter côa ! En tout cas il faudrait pas croiser quelqu’un, parce qu’à ces vitesses le champ de vision se rétrécit… Mais bon, on croisera personne, à moins qu’on s’en soit pas rendu compte !
Tout cela nous emmène vitesse grand V à Pont-de-Montvert, où nous prenons le temps de nous hydrater d’une bonne bière bien fraîche et bien méritée

la journée étant quasiment arrivée à son terme.
Mais ? Comment ? Que vois-t-on depuis le bord de la rue ? Ne serait-ce pas un cours d’eau ? Encore ? A croire que l’élément liquide nous suit partout où nous allons !
C’était donc écrit, et nous voici à nous baigner dans le Tarn, enfin, pas moi, parce que le soleil s’est caché derrière des nuages, que du coup la température de l’air n’est plus aussi clémente, et que celle de l’eau l’est carrément moins encore ! Mais tous ne sont pas aussi chochotes que moi !
Dernière portion avant d’arriver au bivouac, une grande piste bien dégagée et bien plate…. Je vous laisse deviner ce qu’on a fait avec MuddyFox ( pas ce que tu t’imagines, grand cochon de Bebert ! )…
Je crois bien qu’il y avait un nombre à trois chiffres au compteur

fallait quand même pas se louper car certaines courbes arrivaient drôlement vite ! Il me semble que j’entendais mon Pirelli gueuler « Ma que, stronzo di fillio di…. »

à chaque freinage sans adhérence et à chaque accélération sans motricité ! Mais cette piste le valait bien, et on savait qu’à quelques kilomètres se trouvait notre dernier bivouac ! On va dire que c’était le bouquet final de cette semaine de ouf !
Arrivée donc, le soleil a disparu et à laissé la place à un vent froid. Je dois couvrir mes oreilles parce qu’elles commencent déjà à piquer, pas envie d’avoir une otite. Je sens que ça va être coton pour bien dormir cette nuit, il va falloir planter la tente au maximum à l’abri et s’habiller chaudement. Je trouve donc un emplacement presque plat dans la forêt en contrebas de la piste, il y a ici un peu moins de vent, je suis à deux mètres d’un arbre digne d’un film d’épouvante… même pas peur !
Les voitures et les autres motos arrivent au fur et à mesure.
L’assistance a été une nouvelle fois sans faille

le petit refuge nous permet de faire de bonnes grillades au feu de cheminée, et rapidement « je commence à sentir la fatigue »

Aller Jean-Claude, au lit, et attention aux volets qui s'ouvrent brutalement avec le vent ! Une efficace paires de bouchons d’oreille me permettront de passer une nuit dans un silence quasi parfait, je serai juste réveillé à trois ou quatre reprises par le froid qui s’immisce jusqu’à l’intérieur du sac de couchage…