Samedi 7h, j’ouvre les zoeils avec le sentiment de louper une grasse matinée, alors que je sais très bien que je ne serai jamais arrivé à me rendormir… aller, aujourd’hui c’est journée pistes !
Douche, petit déj’, on se change et on se donne rendez-vous après la barrière du camping.
-Bon les gars, ça y est, on est prêts, on y va ?
-Ouais, on est prêts, tu vas où ?
-Je sais pas, et toi tu vas où ?
-Je sais pas, je croyais que tu savais où t’allais !
Ça y est, on est bien à la Stella, et son bordel organisé ou son organisation bordélique !
Finalement Adrien semble savoir par où partir, alors on part. Je sais pas où, mais on part. A droite toutes, à l’assaut de la montagne !
C’était sans compter sur la vitesse de Marie et sa petite 250, qui finira par splitter le groupe en deux, il y aura ceux de devant, et ceux de derrière. On les a bel et bien perdu. Bon, on a quand même fait trois ou quatre km, faut pas être mauvaise langue.

Et de toute façon il fallait s’arrêter, car entretemps il s’est mis à pleuvoir...
Bon, par où ils sont partis ? Ils devaient s’arrêter prendre de l’essence, sauf qu’on n’a jamais vu de station. Marie téléphone, pas de réponse. Une fois, deux fois, alors en désespoir de cause Xavier demande à une dame qui promène son chien par oùksé pour aller « par là-haut », mais elle sait pas trop, et un enduriste de passage nous dit que peut-être c’est possible par là, mais c’est pas sûr que ça passe avec les grosses ( motos ). Puis, finalement le groupe perdu arrive, et on peut repartir. Je suis devant, je ne sais pas si c’est la bonne solution, vu mes connaissances du terrain, de toute façon je vais laisser passer « ceux qui savent » devant, mais avant que j’ai le temps de le faire on passe devant des panneaux qui indiquent que la route sera fermée d’ici quelques kilomètres. Je me mets de côté, et tout le groupe continue et on se trouve maintenant devant des panneaux qui bloquent la route juste avant Bardonecchia. Arrêt forcé cette fois-ci, alors Adrien reprend la main, il a repéré que « c’est par là ». Il sait manier son appli le bougre, et nous trouve un raccourci de derrière les fagots, chemins, graviers, montées et descentes, pour rallier Bardo’. Chouette !

Ça promet !
Arrêt essence pour la petite cylindrée, sauf qu’elle ne redémarre plus, batterie morte.

Adrien prend à nouveau les choses en mains, en pied, bref, il utilise énergiquement le kick, et le petit mono donne à nouveau de la voix, et on peut repartir ! On jardine un peu pour trouver la route qui mène à l’entrée de la piste vers Jaffereau, mais on finit par y arriver. Et là, on se rend compte que la piste est fermée à la circulation à cause d’un éboulement 2.8km plus loin ! Ce n’est pas une surprise pour moi, des membres d’Atoc bien informés l’avaient signalé.
Alors, devant les barrières, on cogite, on débat : y va ? Y va pas ?
Perso je suis pas chaud pour y aller, j’ai croisé hier deux ou trois patrouilles de gardes du Parc en voiture, ça incite pas à déconner. Mais un autochtone de passage nous fait comprendre que pour les italiens les interdictions c’est pas vraiment des interdictions, et que les panneaux c’est plus pour faire joli… donc l’effet de groupe sonne la fin de la tergiversation, et nous fait braver courageusement les interdits, tout transalpins qu’ils soient, et c’est plein d’entrain que nous partons à l’assaut du Fort Jaffereau !
Je suis quand même pas rassuré, je l’avoue, car les amendes peuvent certainement être salées, et je ne crois pas aux « ça n’arrive qu’aux autres ».
En ce qui concerne la raison de la fermeture, effectivement, plus loin, un éboulement bloque la piste, mais des travaux de terrassement on suffisamment avancé pour nous permettre de passer ce qui n’est en fait pas du tout une difficulté technique.
Tout se passe finalement très bien, et après quelques kilomètres on y arrive, en bas du fort, sous la pluie, sous le vent, les éléments qui se déchainent. D’ailleurs auparavant plusieurs d’entre nous ont été emportés par des rochers énormes qui se sont détachés des montagnes, d’autres, à cause des rafales de vent, sont tombés dans des précipices, on entend leurs cris pendant plus de 30 ou 40 secondes tellement c’est haut, enfin, tellement c’est bas, tout là en bas.

Moi, j’ai mis mon K Way alors il ne m’est strictement rien arrivé, je suis protégé !
On fait un arrêt au pied du fort, et comme personne n’a l’air décidé à redémarrer je prends les devants, et justement je pars devant, à l’assaut du fort. J’arrive tout en haut, j’ai oublié mon drapeau à planter au sommet, tant pis, de toute façon un groupe d’allemands et un autre d’italiens étaient déjà au sommet avant moi… Et là-haut ça souffle vraiment, pour de vrai, et la pluie est pas forte, non, mais elle tape fort sur le visage, à cause du vent. Pas ce qu’il ya de mieux pour profiter du paysage.
Pas grave, la satisfaction d’être là, à l’endroit où je suis, aujourd’hui, alors que j’étais encore chez moi hier, est bien présente, alors je savoure ce moment en solo, égoïste que je suis, je me délecte de ce que je viens de vivre et imagine déjà avec plaisir ce qui m’attend. Bref, la kiffance !

C’est comme ça que les jeunes disent, non ?
Pendant ce temps, Marie à tenté un tout droit dans une pente… pentue, et a finit bloquée dans le demi-tour à faire pour redescendre. Adrien va à son secours, et finit par s’en coller une aussi ( enfin je crois, parce qu’à ce moment j’étais tout en haut du fort, occupé en plus de prendre du plaisir solitaire, à regarder les sens des nuages et à trouver la fermeture éclair de la capuche du K Way ). Bon, tout le monde finit par monter, pas forcément jusqu’aux dernières marches pour aller au plus haut, puis on parle assez rapidement de redescendre vers Bardonecchia. Vu la météo, le groupe n’a pas forcément envie de traîner des heures là-haut, ce que je comprends. J’avais donc bien fait de partir en avance pour profiter comme j’ai profité.
Alors, piste de ski ou pas piste de ski ? Perso, vu la pluie, vu le profil de mes pneus, vu mes souvenirs de la dernière fois où je crois que c’était pas dangereux en soi, mais il me semble que la piste était sèche, j’avais des pneus plus cramponnés et pour autant c'était des fois un peu chaud,surtout dans les épingles. J’avoue, je me dégonfle, n’en déplaise à certains, quitte à être traité de p’tite b… Mais j’ai très envie de redescendre par le tunnel, ça promet de profiter plus des paysages. Quand je vous dit que je suis un vieux con ! Donc le groupe se sépare, les courageux d’un côté, les…. autres de l’autre côté, et on se retrouve plus tard au camping. No souçaï ! Alors on s’en va avec Xav05 et nos compères de Transalpage et autre.
Descente prudente, on s’attend régulièrement, pépère ! Arrêt ravitaillement des motards au Fort Al Seguret, avec une superbe vue sur les montagnes et le tunnel
Nos amis nous offrent, à XAV05 et moi l’hospitalité, ils ont tout ce qu’il faut pour ça: saucisson, jambon fumé, tomates, focaccia, et j’en passe ! Ah, c’est donc à ça que servent vos top case ! Dans ce contexte, je suis pas opposé à son usage en TT, n’en déplaise à Titi ! On était comme des coqs en pâte, top ! Merci encore à eux !

Hospitalité au top, et j’aurai encore une fois l’occasion de constater ça, un peu plus tard au camping…
Puis, une fois repus, vient le moment de reprendre la fin de la piste, donc on passe le tunnel, c’est toujours un chouette moment, surtout quand il est aussi long ( j’ai lu qu’il faisait 800 m ! ), et la longue descente jusqu’au fond de la vallée commence. Je pars devant, et la confiance étant là, la piste m’inspirant bien, sans piège à signaler, je vais de plus en plus vite, je me fais vraiment plaisir, ça cogne un peu, et même pas mal à certains endroits. Je retrouve des sensations sympas, je fais pas non plus le dingo, avec mes pneus mixtes, aussi parce qu’il faut que je rentre chez moi entier à l’issue du week-end, mais je kiffe, je kiffe

Et puis je fais bien gaffe à l’excès de confiance parce que je sais trop bien où ça peut mener. Donc de longs moments de plaisir, je vais à mon allure, sans pression, je contrôle les freinages, les accélérations, tout en en gardant sous la semelle. Rhââ lovely comme dirait Gotlib !
Arrêt à la fin de la piste, pour attendre les potes, les minutes passent, limite j’ai eu peur qu’il soit arrivé quelque chose. Mais non, ils sont là, ils arrivent, ils sont tout beaux, tout contents !
Et on y va, retour au camping, non sans s’être arrêté à Oulx boire un coup en terrasse et profiter du soleil qui a refait son apparition, d’ailleurs il fait carrément très chaud, du coup, un petit coup de crachin rafraîchit tout ça ! La flotte ne nous aura pas quitté très longtemps ! Et merci à un des mousquetaires pour avoir payé sa tournée !
Bon, c'est pas tout ça, mais l'heure de l'apéro approche...